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Au secours, mon ado est accro aux écrans!

« A peine arrivé de l’école et le voilà plongé dans tous ses écrans ! Et me voilà dans tous mes états ! »

Votre ado n’a qu’une seule idée en tête, rentrer et se brancher sur tous les réseaux sociaux pour discuter avec ses amis en ligne. Mais pourquoi a-t-il autant besoin de se connecter pour échanger avec ses amis ? Pourquoi passer des heures sur son portable ne lui pose aucun problème ? J’ai parfois l’impression qu’il est vraiment sous l’emprise des écrans ! Et que rien ne peut l’arrêter ! Pas même l’autorité d’un adulte. Votre ado est bel et bien accro aux écrans et notamment aux réseaux sociaux (« Snapchat », « Tiktok », jeux en ligne etc.…). Votre ado s’est laissé happé par le besoin de voir si tout va bien sur sa page, si ses likes ont augmenté sur sa page, si ses amis et followers ont augmenté et quels sont les derniers gadgets à la mode (qui deviendront probablement ses prochains objets de convoitise…) Si toutes ces actions sont visibles via un glissement de pouce, il n’en demeure pas moins que ce glissement est également un risque important dans l’évolution de votre ado.

En prenant conscience de la dépendance des écrans et du danger qu’elle crée sur vos enfants, vous verrez qu’éduquer votre ado demande vigilance et lucidité afin de les aider à sortir de cette spirale infernale du like.

Être parent au 21ème siècle demande en effet une attention particulière des « va et viens » de son enfant sur les divers réseaux sociaux qu’offrent l’opportunité du net.

Comment ça a commencé ?

Les écrans et les enfants

Si les écrans proposent de nombreuses comptines et autres vidéos pour les enfants, il est toutefois important d’éviter l’exposition des moins de 5 ans aux écrans. Du bébé à l’âge de 5 ans, l’enfant entre dans ses premiers apprentissages moteurs et psychologiques. Cette période permet à l’enfant de découvrir ses fonctionnalités en jouant avec les divers matériaux à sa disposition tout en mettant en action son corps et son esprit pour comprendre son environnement. Pour parvenir à jouer et user de sa curiosité, votre enfant engagera plusieurs essais avant de parvenir à réaliser les tâches les plus rudimentaires à savoir : empiler, transvaser, secouer, grimper, sauter, courir etc… En mettant un écran entre les mains d’un enfant âgé de moins de 3 ans, l’expérimentation sensorielle est rompue et l’accomplissement des diverses actions pour permettre le développement moteur de l’enfant est mis à mal !

Pourquoi ?

Lorsqu’un enfant passe de plusieurs actions – pour évoluer dans l’espace et comprendre le sens de la gravité et de ses actions – à un simple glissement de doigt, le cerveau assimile un geste et finit par oublier les autres. Plusieurs études scientifiques ont même montré qu’un enfant qui utilisait régulièrement les écrans, à savoir au minimum 1h par jour, finissait même par perdre l’usage de la parole et la reconnaissance de son nom. L’usage des écrans lorsque vos enfants sont tous petits, fragilisent considérablement leur bon développement, et annonce plusieurs difficultés à la fois motrices, intellectuelles et bien sûr scolaires.

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Des interactions et une communication difficiles

Un enfant qui grandit avec la télé allumée, la tablette sur les genoux et le portable entre les mains, finit obligatoirement par rencontrer des difficultés dans l’interaction avec les autres. En effet, l’écran demeure un interlocuteur pauvre, dans le sens où l’enfant reste PASSIF : aucune expression ou recherche d’actions concrètes ne sont demandées par l’appareil, si ce n’est le glissement d’un doigt. De plus, il s’agit d’un geste répétitif et peu agile, ne nécessitant aucun apprentissage et donc aucun effort. En effet un simple glissement de pouce et le tour est joué pour deux heures de vidéo où aucune demande concrète n’est faite à l’enfant. L’apprentissage de la langue est aussi négligée, dans le sens où l’enfant s’inscrit dans un vocabulaire simple et répétitif « coucou hibou coucou hibou, coucou hibou coucou! ». Le vocabulaire est facile à retenir, peu recherché et entêtant pour que l’enfant puisse être happé par le chant de la comptine.

Des risques cérébraux dans le développement de l’enfant 

Un enfant utilisant trop d’écrans entrera dans un mutisme et une non connaissance de soi: une perte de la parole et de son prénom sont à prévoir. Lorsque l’enfant est habitué aux écrans celui-ci entre dans un rapport à l’autre compliqué. En effet, perdant progressivement la capacité à communiquer avec autrui, votre enfant a tendance à se replier sur lui et s’enterrer dans sa bulle connu de sons répétés et connus. Un enfant exposé jeune aux écrans aura aussi tendance à demander le portable pour s’endormir. En effet, le besoin commence à se faire ressentir incitant l’enfant à demander sa dose de plaisir reçu grâce aux écrans. En regardant un écran, notre cerveau sécrète de la dopamine, hormone du plaisir qui est engendré par la vue des « images surprises ».

L’écran a cette capacité à maintenir les enfants dans une nécessité constante de plaisir. En effet, les objets numériques sont créés dans une logique de créer du manque obligeant l’enfant à s’aventurer dans les contrées du toujours plus de sons, d’images, de sensations nouvelles. En maintenant l’enfant dans un plaisirs constant et ininterrompue, il devient évidemment compliqué pour l’enfant lorsque l’objet est retiré. Cela entraîne une terrible contrariété chez l’enfant le plaçant dans une situation de manque et de néant face au « plus rien ». Attention, plus l’enfant a été exposé jeune face aux écrans et plus le sevrage sera long et difficile!

Du divertissement au plaisir puis au besoin réel 

Ado et écrans: un fléau dans les apprentissages 

Un ado a besoin de se concentrer pour apprendre et surtout de s’ennuyer pour développer sa curiosité. Mais où trouver la place de s’ennuyer quand l’ado a tout a porter d’un clic?!

Les apprentissages vont de paire avec la notion d’efforts, d’essais et d’expérimentations. Mais quand arrivent les écrans, de nouvelles perspectives culturelles et d’appréhensions sociales modifient le rapport à la société: en effet aujourd’hui, tout est possible d’apprendre mais parmi ce choix multiple les ados peinent à prioriser ce qu’il faut savoir. Ce manque de repères poussent d’ailleurs nos ados à perdre considérablement leur temps dans des applications ayant pour objectif l’attention constante de l’ado”. En effet ces derniers passent plusieurs heures par jour à se créer une popularité dans un monde rempli de « fake », d’illusoire et bourré de filtres. Attention la place est au FAUX! De plus, cette présentation de la société offre aux ados, un accès simple et rapide à leurs besoins selon des méthodes confortables, les écartant par ailleurs du véritable « apprendre », impliquant le goût de l’effort.

Si apprendre nécessite du temps et de la réflexion pour assimiler de nouveaux concepts et pour ainsi faire des choix, les réseaux sociaux, eux, laissent l’usager dans un sentiment de manque et de dépendance à l’autre: ce sont les autres qui jugent la légitimité d’exister sur telle ou telle application par la quantité de likes. Un monde où l’image et la désuétude d’actions mènent l’usager à perdre le sens de ses actions et l’intérêt de son intervention. Les réseaux sociaux forcent en effet, les ados à reproduire inlassablement des actions et des sons simples et répétitifs perdant le caractère authentique de chaque individu. Cette répétition ajoute à cela une véritable addiction dans l’oubli du sens de la venue sur l’application. En effet si apprendre demande recul et répétition pour parvenir à reproduire et comprendre, les écrans installent les ados dans de minis boites où ils espèrent trouver la célébrité et un sens à leur existence. Aujourd’hui le “besoin d’apprendre” a été remplacé par le “besoin d’être vu“, plaçant l’ado dans un recours constant à l’exhibition.

Perte de repères et violence 

De nombreux parents constatent que leur enfant se braquent à l’idée de ne pas pouvoir perdurer leur jeu en ligne ou de continuer l’action de se déguiser derrière un écran. Le virtuel engendre des actions dépressives quand toute cette effervescence finit par s’éteindre. 

D’ailleurs pour mieux comprendre l’addiction et la dangerosité de ces derniers, certains parents me rapportent que leurs ados -passant plus de 2h par jour sur les écrans -pouvaient présenter certaines des caractéristiques suivantes:

– des signes physiques d’impatience (jambes qui s’agitent, pieds qui tapent le sol, recherche d’éléments pour se distraire)

– une importante contrariété marquée par des signes de frustration ( l’ado, boude, se braque, pleure: sa gestion des émotions est difficile)

– les remarques et les critiques sont perçues comme des phrases négatives où l’ado prend tout personnellement, entraînant une colère importante et une impossibilité à se remettre en question

– des excès de colère allant jusqu’à la crise 

– le besoin de ressasser une seule et même version ( difficulté d’admettre ses torts)

– difficulté à regarder dans les yeux de son interlocuteur et à garder le regard fixe (besoin de regarder dans le vague, impossibilité de garder sa concentration visuelle).

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De plus, beaucoup d’ados utilisant les réseaux sociaux, déclarent vivre dans un paradoxe du «  je veux savoir ce qu’il s’y passe » ( curiosité lié au manque) et « toutes ces histoires me saoulent » (volonté de grandir et s’émanciper). Si les écrans ont réussi à enrôler les ados dans leur calvaire de dépendance, il n’en demeure pas moins que les contrariétés et le devoir de revenir à la réalité présente une violence extrême. En effet, la répétition d’actions pour parvenir à recevoir toujours plus de likes poussent les ados à vivre une double vie dans laquelle le virtuel finit par maintenir l’ado dans une attention TOTALE lui faisant perdre toute notion du temps et de la réalité. En effet, cet engouement pour toujours aller plus loin et voir au delà a tendance à pousser l’adodans ses limites, tout en l’obsédant dans son rapport à l’autre dans ce monde virtuel. De plus, le fait de ne pas être tout à fait présent, ajoute une part d’angoisse chez le jeune, l’empêchant de se projeter dans l’avenir

Enfin si votre ado a une forte tendance à se tourner vers les écrans c’est peut être que vous n’êtes pas assez présent pour lui. Pour rappel, un ado a besoin de la présence de son adulte référent notamment dans l’échange, la discussion, l’attention et notamment l’apport en réponses sur son avenir et sa personne. Si vous pensez que laisser votre enfant seul, c’est lui donner de la liberté, votre ado perçoit en fait cela comme de l’abandon. Sa quête identitaire doit se faire avec votre accompagnement, votre présence et votre réconfort pour chaque événement de sa vie jusqu’à ce qu’il sache se débrouiller seul, c’est à dire jusqu’à son indépendance financière.

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A bientôt sur Allo Parents ici Ado 🙂

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