adolescence risques danger crise parents ados

Comment protéger votre ado, face aux conduites à risques?

Qu’appelle-t-on les comportements ou les conduites à risques ? L’adolescence étant l’âge des expériences, des défis, de la recherche du frisson, pouvons-nous réellement parler de conduites pouvant être risquées pour nos ados ? Nous parlons de risques lorsqu’il y a une véritable gravité ou une mise en danger volontaire de la part de nos ados. Pour exemple les écrans en soi ne sont pas dangereux pour nos enfants et pourtant ils peuvent le devenir lorsqu’il n’y a pas de CADRE défini. De plus, ils deviennent dangereux, lorsque leur usage entraîne l’ado dans une hygiène de vie qui s’écarte de son bien-être (manque de sommeil, volonté de ne pas faire ses devoirs, oubli de manger, repli sur soi, non-participation des moments conviviaux en famille ou entre amis). Si l’adolescence est bien l’âge de l’adrénaline, il n’en demeure pas moins que l’adulte a aussi son rôle d’encadrant à jouer. Même si certains ados se contenteront d’expérimenter certaines situations sans risques, il ne faut pas oublier que d’autres rechercheront toujours plus, pouvant s’enfermer dans l’excès de certaines pratiques (prise de substances, alcool, tabac, mise ne danger de leur corps etc…). Afin de connaître la limite de nos ados et de les prévenir au mieux – pour éviter tout comportement déviant, pouvant aller jusqu’au au drame- je vous propose de découvrir les conseils indispensables pour garder toute notre vigilance bienveillante.

Une société où la tentation apparait partout

Prévenir, avertir et informer nos ados

Nos ados ont tous cette volonté de dépasser les limites fixées par les parents et l’école, c’est ce qu’on appelle l’adolescence. Certains les dépasseront de manière timide et à tâtons, pour d’autres la volonté d’aller au delà, sera exagérée. Il existe une recherche du danger qui est vu comme un jeu. Le but étant de voir s’ils sont capables de le faire, tout en mettant à profit leur existence, parfois en mettant en péril leur propre vie. Ce jeu peut être vu aussi comme un rite de passage « Suis-je suffisamment fort et grand pour y arriver ? », « Est-ce que les autres me regarderont autrement si j’y arrive ? ». N’oublions pas qu’à cet âge le regard de l’autre a également de l’importance notamment dans l’appartenance du groupe : « Si t’y arrive tu seras notre pote ! ». En prenant des risques pour se faire des amis, le jeune recherche l’admiration et le respect de ses derniers. L’objectif à cet âge étant la reconnaissance de son groupe.

De plus, il est important de savoir que la tentation existera partout -le marketing et les réseaux sociaux ajoutant un panorama du toujours plus à expérimenter- en incitant vos enfants à toujours plus ressentir et voir et entendre toujours plus, également. Toutefois en axant votre accompagnement sur une prévention et des échanges avec vos enfants, vous permettez à votre enfant de s’orienter en connaissance de cause. Ainsi, en agissant, celui-ci saura faire ses choix. Prévenir ses enfants, c’est aussi renforcer le lien de confiance existant entre vous et lui tout en l’incitant à agir en autonomie. En informant vos ados des conséquences, vous leur transmettez les repères nécessaires pour prendre des décisions conscientes, raisonnées tout en les préservant. Avertir vos ados en prenant des exemples, renforce également la sensibilisation : en effet, votre ado assimilera mieux les « interdits » et les limites, s’il a en mémoire l’exemple d’ados n’ayant pas pu sortir indemne de certaines expériences. A vous aussi d’inviter et d’inciter votre ado à vous questionner : des documentaires “Arte” ou “Envoyé spécial”, sur Youtube pourront aussi être des supports de réflexion et d’éducation pour imager vos propos.

Une éducation de l’exemple pour mieux assimiler les risques

Le tabac peut être un exemple frappant : en effet le nombre de morts par an comme support de preuve cité et l’explicitation des diverses maladies touchant les poumons, la gorge, la langue etc peuvent aussi illustrer vos propos. Ces éléments pourront aider votre ado à prendre conscience des risques.  L’alcool aussi fait partie des exemples à citer : en effet avec le vieillissement de la peau, les tâches rouges laissés sur le visage et l’odeur qui persiste, vous pourrez préciser à vos ados qu’il est possible de déceler une personne qui fume et qui boit. En plus de l’odeur qui reste, la somnolence, l’euphorie ou encore l’allégresse ressenties sont des éléments visibles pour les parents. La prise de cannabis, est également visible puisque la pupille se dilate et le discours du jeune n’est pas toujours cohérent.

Montrer à vos ados, que vous avez un train d’avance sur eux, mais que vous pouvez parler de tout cela sans tabou afin de répondre aux questions de vos enfants. Vos ados ont besoin de savoir et sont curieux de cette société, donc apportez leurs les réponses nécessaires afin qu’ils puissent par la suite en discuter avec leurs amis et faire des choix quand vous ne serez plus avec eux en soirées ou en sorties.

Une souffrance exprimée à travers ces conduites

Une recherche d’attention et d’affection

Les besoins d’affection et d’attention sont nécessaires pour la construction de l’adolescent. Ils constituent de véritables repères pour votre enfant : savoir si ce qu’il a fait est bien et reconnu par ses référents adultes. Cette marque de reconnaissance permet à l’enfant de travailler sa confiance en soi (qui découle principalement des parents et ensuite des autres adultes référents, par exemple les professeurs à l’école). Les parents sont les premiers interlocuteurs de l’enfant, ils construisent donc les bases d’un amour solide pour parvenir à l’amour de soi et à l’estime de soi. L’enfant a également besoin de ses parents pour savoir si ce qu’il fait est juste, correct ou bien à corriger : il s’agit là du processus éducatif. Être présent pour son enfant, c’est éviter qu’il aille rechercher de l’attention juste à travers des conduites à risques (exhibition de son corps pour être vu par ses amis, scarifications, atteintes du corps, errances et conduites délinquantes, violences etc…). Un enfant qui n’a pas l’attention nécessaire à la maison fuira son lieu de domicile. En tant que parents, il est donc important d’être vigilant sur les besoins affectifs de son ado.

Une volonté de faire passer un message

Faire réagir ses parents est une manière pour les ados de faire comprendre aux parents que leur façon de faire n’est pas la bonne et qu’elle ne fonctionne pas avec leur enfant : il s’agit là d’une volonté délibérée de faire comprendre à ses parents, qu’il existe d’autres manières d’éduquer (prendre du temps avec son ado, s’intéresser à ce qu’il fait, faire une activité avec son enfant, prendre le temps pour travailler ensemble). Un ado qui surréagit à vos propos ou à votre autorité essaie aussi de tester votre stabilité de parents. Ainsi, pour garantir une bonne relation avec votre ado :

  •  Maintenez un dialogue constant avec votre ado afin d’éviter d’arriver à la rupture, et soyez à l’écoute de ses besoins et de ses difficultés (un ado a besoin de sentir qu’il a toute sa place au sein de la famille).
  • Trouvez un moment propice pour lui parler (dans la voiture, lors d’une balade, ou à une terrasse de café : le lieu est important car cela est important que vous soyez tous les deux). N’hésitez pas à passer par un professionnel de l’éducation ou de la santé si le conflit est installé et que les tensions perdurent.
  • Faites intervenir sa responsabilité en ouvrant l’échange : « Et toi t’en pense quoi ? Penses-tu qu’en ayant cette réaction les choses te sont favorables pour la suite ? Les questions reprenant ses actes et sous-entendant que son attitude doit être revue, sont capitales pour le faire parler et réfléchir.
  • Rappeler le rôle de chacun au sein de la famille (l’autorité du parent tout en rappelant pourquoi elle est nécessaire : elle détermine un cadre et des repères lui permettant par la suite de prendre ses décisions seul(e), tout en étant autonome financièrement). L’autonomie s’acquiert avec le temps et la compréhension du fonctionnement de la société.

« Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es. »

Proverbe, auteur inconnu

Groupes de pairs, amis et sorties

Le besoin de s’émanciper du cadre familial

Être parent c’est aussi se soucier des amis et des fréquentations de votre ado. Sachez qu’à cet âge ce sont les amis et les fréquentations qui déterminent aussi le choix de vos enfants. Donc si ces derniers sont dans une phase un peu fragile, où les émotions sont difficiles à comprendre et à ressentir et qu’au sein de la maison, la communication est difficile pour votre ado, il est possible qu’il se replie sur ses copains.

Amis créatifs ou destructeurs ?

De par l’éducation que vos enfants ont reçu, ils se dirigeront spontanément vers ce dont ils ont besoin. Un enfant qui aura manqué considérablement d’accompagnent et de cadre, aura une forte tendance à se tourner vers les « amis de la rue », un espace où les « jeunes perdus » se retrouvent pour se socialiser et trouver la reconnaissance qu’ils n’ont pas toujours eu à la maison. Sachez qu’un enfant qui erre ou qui recherche des amis plus grands que lui est aussi un enfant qui a manqué d’attention et d’affection et qui recherche indirectement l’approbation des grands pour exister et être reconnu.

« [L’adolescent] n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature; mais c’est un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer. »

Citation de Blaise Pascal

Une présence adulte indispensable

Avec la métaphore du roseau de Blaise Pacsal, nous comprenons bien que l’adolescent a besoin d’un tuteur à savoir son parent, pour se construire et évoluer.

Donc ATTENTION à ne pas délaisser vos ados, même si ces derniers sont parfois ingrats et égoïstes, il s’agit d’une phase où tout se bouscule et où il est parfois compliqué pour eux d’exprimer leurs émotions sans blesser leurs parents. Cela ne sert à rien pour autant de remuer le couteau dans la plaie en précisant : « Tu as été égoïste et tu ne penses qu’à toi et tes copines ». Privilégiez plutôt un temps d’échange quand votre ado sera disponible à reparler de son comportement. Evitez de le faire à chaud, cela peut être compliqué à gérer pour votre ado. Attendez qu’il soit plus calme et amenez cela de manière douce et non sous forme de critique « Tu m’as dit ça ! Pour qui te prends-tu ? », optez plutôt pour cela : « Est-ce que tu sais que j’ai eu beaucoup de peine en entendant tes propos ? Tu en penses quoi toi ? ». Laissez votre ado répondre en lui laissant le temps de réagir. Cela est complexe pour un ado, de se remettre en question mais indispensable aussi pour prendre conscience des limites.

« Les conduites à risques renvoient […] à la souffrance d’être soi lors de ce passage délicat. […] L’adolescent(e) mal dans sa peau est d’abord dans une souffrance affective, sa condition sociale et son sexe ajoutent une dimension propre. Seule son histoire personnelle et la configuration sociale et affective où il s’insère sont susceptibles d’éclairer le sens de son comportement. Les comportements du jeune sont souvent le symptôme d’un fonctionnement familial, d’une carence affective, d’une maltraitance […] ou d’un évènement traumatique […]. Ils répondent à une douloureuse volonté de bouleverser les routines familiales et d’être reconnus comme « existant ». Mais souvent aussi le jeune se cherche et ne sait pas ce qu’il poursuit à travers ces comportements dont il voit pourtant combien ils troublent son entourage et le mettent lui-même en danger. […] Le sentiment d’être devant un mur infranchissable, un présent qui n’en finit jamais. La souffrance traduit le sentiment d’être dépossédé de tout avenir, de ne pouvoir se construire comme sujet. Si elle n’est pas nourrie de projets, la temporalité adolescente s’écrase sur un présent éternel qui rend indépassable la situation douloureuse. Elle se décline au jour le jour. Elle n’a pas la fluidité qui permet de passer à autre chose. Les conduites à risques sont la recherche tâtonnante et douloureuse d’une issue. Elles ne sont que des symptômes, elles disent la souffrance qui est en amont. Ce sont des appels à vivre et non des formes de destruction de soi. »

Texte de David Le Breton, Sociologue et Anthropologue.

Si cet article vous a plu, je vous invite à vous abonner à ma page Facebook, pour découvrir chaque semaines un nouvel article.

A bientôt avec Allo Parents ici Ado 😊

Partager l'article :
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *