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Jeux : divertissement, apprentissage ou ruse éducative?

Très tôt, les enfants s’amusent à rejouer les diverses situations sociales rencontrées au sein de la maison, à l’école ou encore dans les lieux publics : allant de la mise en scène du docteur, à la maitresse en passant par l’incarnation des membres de la famille « moi je fais la maman, toi la grande sœur et toi tu pourras être le papa comme tu es grand ». Le jeu a donc un rôle éducatif dans le sens où il permet à l’enfant de comprendre les différents liens existant au sein même de l’environnement qu’il côtoie. D’ailleurs, c’est en agissant ainsi qu’il découvre comment fonctionne la société et les règles qui la régissent. En passant par le jeu l’enfant imagine et compose ce qui l’inclue comme membre de son environnement social.

Jouer vient du matin « diverto » qui signifie « se détourner de ». Qu’induit toutefois ce détournement ? Pourquoi l’être humain aurait besoin de se détourner ? Et de quoi se détournerait-t-il ? Si nous nous plongeons dans les écrits philosophiques ancestraux et reprenons les concepts développés à travers les époques, il s’agit du détournement de la condition humaine, à savoir un être fragile et mortel. Mais avec le recul, nous pouvons comprendre que se détourner permet en fait de découvrir le monde autrement : comment ? En jouant, votre ado utilise des savoir-faire assimilés et se donne la possibilité de s’aventurer dans une nouvelle connaissance du monde. Jouer permet de reconsidérer ce qui existe et donc d’apprendre le monde autrement. Le jeu est visible partout : en effet toute activité culturelle offre une nouvelle manière de considérer les règles, la société, les rôles et donc de voir différemment ce qui est. Le jeu pourrait être vu comme une sublimation du monde réel pour rejoindre les autres mondes fantastique ou magique. Cette raison explique d’ailleurs pourquoi les enfants s’y intéressent autant. Se détacher de la solennité et du sérieux de la vie, engage un apprentissage plus souple et plus agréable puisque le regard porté sur les mondes sociaux diffère de la première approche matérielle que nous avons. En d’autres termes, voir la vie comme un jeu aurait du positif pour notre mental et nous aiderait à avancer sans stress. D’ailleurs nous pourrions nous poser la question suivante : les enfants n’auraient-ils pas quelque chose à nous transmettre dans leur manière ludique d’appréhender le monde ?

Jouer c’est apprendre pour comprendre

Lorsqu’un enfant découvre pour la première fois un objet qu’on lui tend et qu’on lui donne à voir, il le regarde, le touche, parfois le met à la bouche, le jette, le frappe, teste sa résistance etc. Par le biais de tous ses sens, il apprend à connaitre l’utilité de celui-ci en le goûtant, le touchant et invite l’objet à prendre sens dans son univers enfantin. Toute cette démarche de la découverte de l’objet inclut un éveil chez l’enfant qui se familiarise avec son environnement. Par la suite, à la crèche, avec ses cousins ou dans les parcs publics l’enfant va progressivement se tourner vers les autres individus et exercer le même type de fonctionnement en réagissant de façon similaire : c’est ainsi qu’il se familiarise avec son environnement.

L’enfant s’éveille au monde grâce aux cinq sens dont il est doté pour ensuite s’orienter vers une compréhension abstraite et complexe du monde. Le jeu implique ces cinq même sens qui permettent à l’individu d’apprendre tout au long de sa vie. En effet, ces sens permettent à chaque individu de découvrir de nouvelles pratiques et/ou de nouvelles compétences grâce à cette approche alternative du monde. En plus de favoriser une meilleure connaissance du monde grâce à des méthodes ludiques, comme par exemple apprendre à jouer au ping-pong, connaître la culture du tennis de table et les divers enchaînements de poignet, rencontrer de nouveaux joueurs et s’engager pleinement dans la pratique, l’ado va également pouvoir s’ouvrir culturellement et engager de nouvelles compétences à développer dans sa progression du jeu.

Jeux et compétences socio-culturelles

Si le jeu permet à l’enfant de savoir quel place tient chaque personne dans la société, il engage aussi un apprentissage des repères et un cadre lui permettant de s’orienter par la suite. C’est ainsi qu’il pourra au cours de son existence, travailler le lien sociale, grâce aux jeux de société par exemple. Dans un premier temps, l’enfant apprend à identifier les différents rôles sociaux au sein de la société. Ensuite, il poursuit son apprentissage à l’adolescence, en cultivant ses relations sociales qui pourront l’orienter vers des activités plus abstraites, à savoir plus intellectuelles et cérébrales nécessitant une réflexion plus poussée.

Les jeux de stratégie sont un exemple qui permettent aux joueurs de développer leur processus d’analyse, en observant la technique et la psychologie des autres joueurs. Le jeu est un travail visuel et mentale qui engage l’ado dans une inscription à la fois sociale et culturelle, en effet grâce au jeu, l’ado peut prendre la parole et s’affirme auprès de ses proches, pouvant offrant la possibilité de travailler son estime et sa confiance en lui. C’est en expliquant les règles d’un jeu, ou en exemplifiant une technique ou une stratégie que l’ado se familiarise avec le langage et développer ses compétences sociales. Par la suite, l’ado pourra utiliser et pratiquer de nouveau ses qualités au sein de son environnement scolaire, et sentir plus à l’aise à l’école et auprès de ses camarades scolaires et des adultes encadrants.

Le jeu comme moyen d’accéder aux apprentissages scolaires


La lecture peut s’apparenter à un jeu passif qui oriente l’enfant vers les fameuses méthodes littéraciées évoquées dans cet article « L’école ne fait pas tout chers parents. A vous de jouer !». En effet, lorsque l’enfant lit, il apprend de nouveaux mots et s’amuse à construire son propre monde grâce à l’imaginaire de la lecture. De plus, il crée à travers son esprit, l’apparence des personnages, et peut s’attacher à leur psychologie à leurs passions et se crée un univers parallèle, où le jeu se crée davantage par l’imaginaire de l’adolescent. Cette familiarité avec la lecture donne aussi à l’enfant l’envie de progresser et d’apprendre davantage sur la découverte de nouveaux mondes parallèles (fantastiques, elfiques, magiques mais aussi intellectuels, stratégiques, psychologiques etc…).

Toute cette démarche constitue pour lui une découverte de ses hobbies, de ses passions et de ses intérêts. Cet apprentissage va également constituer son style littéraire et orienter le médium des jeux choisis : jeux vidéo, jeux de société, jeux physiques, jeux sportifs, jeux créatifs ou artistiques. Jouer, est un détournement de la réalité permettant de comprendre son sens. Ainsi, tout devient éveil et compréhension du monde pour l’ado, en variant les opportunités et les médiums utilisés : plateau de jeu société, sudoku ou mots croisés, carnets de dessins, casse-tête et jeux de construction, jeux de console vidéo etc..

Le jeu favorise la construction personnelle de l’enfant et l’engage, à travers l’apprentissage, à développer ses performances physiques, stratégiques et mentales. D’ailleurs pour accompagner au mieux votre enfant dans « le jeu de la vie » et se familiariser avec l’aspect ludique des apprentissages scolaires, c’est aussi à vous chers parents, d’attirer la curiosité de votre ado, vers des activités usitant les méthodes de la lecture et de l’écriture, vus précédemment. Cette familiarité avec ces pratiques permettra ainsi de faciliter son insertion à l’école et dans la société en générale.

Le jeu comme source de motivation

Le jeu donne de l’énergie, une envie d’aller plus loin, de progresser, de s’engager. Si nous prenons par exemple les jeux sportifs ou d’aventure comme l’escalade, ou encore l’aviron, il y a un réel désir chez l’ado de se surpasser grâce au jeu. Dans le jeu l’ado se découvre et découvre aussi ses compétences grâce à l’approche ludique existante dans l’apprentissage. Le jeu permet à l’ado à la fois de découvrir de nouvelles contrées physiques, grâce au jeu mais il donne aussi l’envie de poursuivre dans l’apprentissage de ses compétences et pousse l’ado à s’émerveiller pour réussir.

Grâce au jeu, l’ado avance concrètement dans l’envie d’apprendre en oubliant qu’il existe des règles, un cadre et des limites. C’est d’ailleurs grâce aux jeux que les enfants apprennent et appréhendent positivement les apprentissages. D’où l’importance de les accompagner dans le jeu des apprentissages qui constituent aussi pour eux, une estime d’eux-même dans la construction de leur parcours et de leurs propres intérêts. Apprendre en jouant c’est aussi permettre de dédramatiser la complexité de la tâche face à l’effort demandé. En effet, lorsqu’on appréhende le monde avec un regard ludique, il est plus facile et moins stressant de s’engager dans de nouveaux projets. Ainsi apprendre à jouer, c’est apprendre à vos ados à se connaitre et leur donner la motivation d’apprécier l’aventure de la vie.

Jeu et enfermement : les pièges à éviter


Si dans le jeu, il existe une véritable part de positivité lié à l’apprentissage, il est toutefois important de varier la pratique des jeux. Aujourd’hui, les jeux les plus en vogue chez les adolescents sont les jeux vidéo ou les jeux sur smartphone. Ces jeux, bien qu’ils soient divertissants et agréables d’y jouer pour vos ados, présentent néanmoins un caractère addictif, pouvant nuire à l’évolution et l’autonomie de votre adolescent. En effet, jouer aux jeux vidéo n’est pas risqué, SI le temps de jeu est cadré par le parent. Votre rôle parental a par conséquent une part très importante et votre fermeté permettra à votre ado d’éviter l’enfermement, l’isolement et parfois même la perte de repères et l’état dépressif.

Il est important de savoir, qu’à l’adolescence, le jeune ne fait pas très bien la différence entre vie réel et vie fictive, dans le sens où ses émotions sont décuplées et qu’il entretient une fusion très importante entre l’ado qu’il est et son avatar de jeu. Il est donc nécessaire pour éviter que votre ado s’enferme dans des états d’extrême frustration ou de contrariété – lorsque le jeu est terminéde décider en amont d’un temps de jeu permettant d’être clair sur la mise en place de règles. En tant que parents, il est capital que vous vous affirmiez, afin d’éviter que le jeu devienne tout puissant pour votre enfant et que celui-ci soit totalement sous l’emprise de ce dernier. Votre adolescent doit prendre conscience que c’est lui qui décide de jouer et non le jeu et l’addiction qui le pousse à continuer. La responsabilité face aux jeux vidéo doit tenir une place importante dans l’éducation de vos ados. En appliquant des règles et des temps de jeux, votre enfant pourra ainsi comprendre qu’il s’installe dans son temps de jeu, et ne perdra pas de vue les autres temps consacrés aux activités familiales, scolaires, personnelles etc.

Ainsi, je vous invite à garder l’esprit ouvert, en garantissant les conditions nécessaires, pour que le monde virtuel ne prenne pas le pas sur la vie de vos ados. Votre ado doit aussi rester disponible pour travailler d’autres choses qui l’éveillent et lui font également plaisir dans son quotidien.

Permettre à votre ado de prendre conscience du temps virtuel et du temps réel, aura un bénéfice pour lui, à la fois dans la distinction des deux mondes et dans l’appréhension de son avenir personnel, social et psychologique.

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A bientôt sur Allo parents ici ado 😊

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